La posture de garde en BOZENDO
- 18 janv.
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Dernière mise à jour : 31 janv.

Le sage enseigne que la posture juste est celle qui permet de naviguer librement entre le Ciel et la Terre.
On distingue trois niveaux de garde :
La garde haute, pratiquement debout,
La garde moyenne avec les jambes moyennement fléchies,
La garde basse avec les jambes très fléchies.
Pratiquer exclusivement en garde haute (debout) revient à adopter une position physique et mentale de supériorité : regarder de haut, refuser de s’abaisser, chercher à dominer et à s’imposer. C’est demeurer constamment dans le domaine du mental, de l’ego, Yang. Cette posture offre une vision restreinte et, dans le travail au bâton long, limite l’efficacité aux seules frappes visant le haut du corps de l’adversaire.
Comme le dit le sage :
Du sommet de la montagne, l’homme cherche son village mais ne le distingue qu’à peine.
À l’inverse, évoluer uniquement en garde basse (jambes très fléchies) traduit plus une attitude de passivité et de repli, c’est subir, le mental perdu, se diminuer, rester ancré dans la Terre, l’esprit absent, le corps est livré à lui-même, Yin. Là encore, le champ de vision est réduit et les frappes au bâton long ne sont réellement efficaces que sur les membres inférieurs.
Ainsi parle le sage :
A même la terre, le ver ignore l’oiseau qui l’observe depuis sa branche.
La garde moyenne, quant à elle, offre l’équilibre. Elle permet au pratiquant de passer rapidement vers la garde haute ou la garde basse selon la situation. Celui qui se tient debout et doit esquiver une attaque aux chevilles devra d’abord fléchir puis se détendre pour sauter, perdant un temps précieux. À l’inverse, celui qui est trop bas et doit éviter une frappe horizontale à la tête ne pourra plus descendre; il sera contraint de se coucher et de briser sa posture.
Comme le rappelle le sage :
Dans la nature, lorsque le Yin et le Yang se succèdent naturellement et librement, sans domination de l’un sur l’autre, naissent alors l’équilibre et l’harmonie.
Il faut apprendre à jouer avec les hauteurs, passer de la posture haute à la posture basse souplement et rapidement, selon la situation, sans pour autant s’installer définitivement dans l’une ou l’autre de ces deux postures.
On peut dire aussi que la garde moyenne nous libère de toute crispation. Le pratiquant debout, les jambes raides bloquent ses membres inférieurs et son mental est tendu, à l’inverse, celui qui est en garde basse, ses membres inférieurs sont comme recroquevillés, son mental dort.
La garde moyenne est la parfaite assise, il faut apprendre à s’assoir, les jambes souples, comme si on était assis sur une chaise dont les pieds seraient pourvus d’amortisseurs. Les membres supérieurs décontractés, le pratiquant demeure tranquille, il observe, il est comme le félin qui à tout moment, en un instant, peut bondir sur une proie.
Stéphane HEINTZ, 6°Dan





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